Debrief demi-finales

L’ascendant des hommes providentiels, la dernière sensation de l’Euro qui achève son parcours, l’ogre de la compétition qui prend la porte et une finale qui se profile entre le brillant hôte et le méthodique et plutôt inattendu challenger : voici les grands lignes du bilan des demi-finales.

Il fut la cible de tous les commentaires, de toutes les interrogations, on émit des doutes à son sujet, il cristallisa les médisances sur le style de jeu décrié de son équipe, on lui reprocha de ne pas être au rendez-vous de cette phase finale, de ne plus être à la hauteur depuis son doublé conte la Hongrie en phase de poules… Oui mais voilà, celui qui a une telle propension à cliver n’a pu que faire consensus après sa demi-finale. Cristiano Ronaldo est là, bel et bien au rendez-vous de cette dernière ligne droite vers le sacre, et c’est en grande partie grâce à lui que le Portugal peut se targuer d’être en finale de l’Euro.

Un coup de tête rageur après une extension d’un timing et d’une détente dont lui seul a le secret, puis une frappe déviée par Nani ont permis aux hommes de Fernando Santos de venir à bout des valeureux Gallois, sensationnels tombeurs des Belges au tour précédent. Les belles tentatives lointaines de Gareth Bale n’auront pas suffi à prolonger leur rêve, les chirurgicales Portugais se montrant inflexibles. Quoi qu’on en dise, Ronaldo et ses coéquipiers ne déméritent par leur place en finale.

L’autre rencontre semblait déjà faire office de finale avant l’heure, dans un duel germano-français qui recèle toujours une saveur particulière pour les vainqueurs. C’est donc à l’Ouest du Rhin que l’on jubile aujourd’hui, la bande à Deschamps s’étant montrée capable de conjurer le sort qui sévissait depuis 1958 en compétition internationale face au Teutons. L’affaire de ne fut pas des plus aisées, tant la Mannschaft a fait preuve de domination durant la première période. Can, Muller et surtout Schweinsteiger d’une superbe frappe répondaient à Griezmann qui mettait Neuer à contribution après un beau déboulé en début de match. On se dirigeait tout droit vers un 0-0 au moment du retour aux vestiaires quand une main du capitaine allemand sur corner, offrait au numéro 7 tricolore l’opportunité de donner l’avantage aux siens. Ce sera chose faîte ; probablement le tournant du match.

Les Allemands continuaient en seconde mi-temps de presser haut et de tenter de faire reculer les Français pour trouver la faille, mais ils se heurtèrent à des Koscielny, Umtiti ou même Sissoko, au sommet de leur art et absolument infranchissables. Finalement, le coup de grâce intervint à la 73e minute, quand Griezmann, encore lui, exploita un ballon mal négocié par Neuer après un superbe enchainement dribble-centre de Pogba.

Toute la France entière peut s’extasier, l’ennemi historique est vaincu et le pays est à quatre-vingt-dix minutes au mieux, cent-vingt au pire, d’une incroyable liesse collective célébrant un sacre européen sur ses terres.