Le stade Geoffroy-Guichard

Le stade Geoffroy-Guichard doit son nom au président-fondateur de la chaîne des magasins Casino, natif de Saint-Etienne. Surnommé le « Chaudron vert » en référence à l’ambiance bouillante qui anime ses travées, l’enceinte Stéphanoise est un lieu on ne peut plus propice à la ferveur des grandes joutes européennes.

L’histoire du stade est étroitement liée à celle de la ville de tradition minière et industrielle. Construite sur d’anciens tunnels miniers et à proximité d’une aciérie dans le quartier au nord du centre-ville, l’enceinte était connue pour attirer les fumées des usines en son sein.

A l’image de son quartier environnant, le stade a subi une succession de rénovations : tout d’abord en 1956 pour supprimer sa piste d’athlétisme et rapprocher ses spectateurs de la pelouse, puis avant d’accueillir chacune des grandes compétitions internationales qui passèrent par la ville stéphanoise, à savoir : le Championnat d’Europe 1984, la Coupe du Monde 1998, la Coupe du Monde de rugby 2007 et enfin cet Euro 2016 où quelques places ont été rajoutées ainsi que certains aménagements dédiés à un meilleur respect de l’environnement.

Le stade Geoffroy Guichard a connu nombre de grands moments de football européen par le passé. En 1984, pour la toute première de l’Equipe de France dans l’enceinte, Michel Platini réalise un triplé mémorable face à la Yougoslavie, durant le troisième match de poule de l’Euro : une reprise du gauche, une tête plongeante et un croup-magistral, le tout en seulement dix minutes. Mais avant eux, c’est bien l’équipe de Saint-Etienne qui avait fait chavirer le « chaudron » lors de sommets européens restés gravés dans le marbre du patrimoine footballistique français. Parmi eux figurent les deux remontées fantastiques face au Bayern Munich en 1969 et au Dynamo Kiev en 1976 : à chaque fois les Verts, dominés 2-0 à l’aller, ont su enflammer les supporters en venant à bout de leurs adversaires eu match retour sur le score de 3 buts à 0.

Mais les supporters français ne sont les seuls à avoir pu vibrer dans les tribunes stéphanoises et d’autres rencontres internationales de premier plan, restées encrées dans la mémoire collective, s’y sont déroulés. Une de plus belles restera assurément le huitième de finale entre l’Argentine et l’Angleterre de 1998, qui fut témoin de l’éclosion de Michael Owen, auteur d’une merveille de but après une chevauchée fantastique, de l’expulsion de David Beckham ou encore d’une sublime combinaison argentine sur coup-franc, ponctué par Javier Zanetti.

Lors de cet Euro, quatre matchs s’y sont disputés :

  • Portugal / Islande le 14/06 : Cristiano Ronaldo débuta donc son Euro à Saint-Etienne mais ne put offrir la victoire aux siens qui butaient ce soir-là sur une Islande surprenante de solidarité et de solidité : 1-1.
  • République Tchèque / Croatie le 17/06 : match accroché entre deux équipes plutôt joueuses qui se solda par un nul deux buts partout.
  • Slovaquie / Angleterre le 20/06 : troisième et dernier match du groupe entre deux formations qui se qualifièrent grâce à cet ultime match nul, un terne 0 à 0.
  • Suisse / Pologne le 25/06 : premier huitième de finale de la compétition qui aboutit à une victoire aux tirs aux buts des Polonais après un score d’un but partout à la fin du temps réglementaire. A noter un ciseau acrobatique stratosphérique de Shakiri à l’entrée de la surface, qui restera, sauf miracle à venir, la plus belle réalisation de cet Euro.

Photo By TwoWings (Own work) [Public domain], via Wikimedia Commons