France – Suisse : le debrief d’Oliv’

Les Bleus sont arrivés à ce troisième match avec quelques doutes sur leur jeu, notamment concernant les combinaisons offensives, trop stériles, trop peu inspirées. Des doutes qui, loin d’être dissipés, ressortiront malheureusement renforcés après cette rencontre. Gignac n’a pas su prendre davantage la profondeur que Giroud lors des matchs précédents, Griezmann et Coman ont certes réussi quelques beaux mouvements mais n’ont eu que trop peu l’occasion de mettre en danger le portier suisse. Mais dans l’organisation offensive, ce ne sont pas forcément l’avant-centre et les ailiers qui sont le plus à blâmer. Sagna et Evra, nos deux latéraux censés créer le surnombre et offrir des solutions pour combiner sur les ailes, ont montré un niveau de jeu être faible, presque inquiétant. Peu enclins à apporter du soutien en attaque, ils ont aussi fait preuve de fébrilité défensive, à l’image de cette faute non sifflée de Sagna sur Dzemaili dans les arrêts de jeu, qui aurait bien pu coûter à la France sa première place.

La seule vraie satisfaction vient du milieu de terrain des Bleus dans ce 4-3-3 retrouvé avec Sissoko et Cabaye en lieu et place des habituels Kanté et Matuidi, aux côtés de Paul Pogba.

Ce dernier fut incontestablement l’homme fort de la première période, porté certainement par le désir de reconquérir une place de titulaire dans l’entrejeu et de démontrer toute l’étendue de son talent que l’on peinait à voir ces derniers temps. Le Turinois fut ainsi l’auteur de trois frappes des plus dangereuses en à peine plus de 5 minutes (11e, 13e, 17e), deux repoussées par le portier helvète, dont une rebondissant sur la barre, et une troisième ogive du gauche qui elle vint frapper directement cette même transversale. Autour de lui, Cabaye brillait dans la récupération et Sissoko dans les remontées de terrain balle au pied. Dans le même temps, les Suisses proposaient peu et firent frémir le stade lillois qu’une seule fois lors d’un coup-franc mal dégagé devant la cage de Lloris.

En seconde période, Gignac à la 53e et Griezmann à la 57e cadraient leur frappe sans succès.

Le dernier grand frisson viendra de l’homme providentiel du moment, Dimitri Payet, entré à l’heure de jeu. Après une incroyable chevauchée, Sissoko, parti de son camp, délivrait une merveille de centre pour le Réunionnais, lancé, qui reprenait d’une volée de l’intérieur du pied, un ballon qui vint s’écraser à nouveau sur la barre des cages suisses.

Peu de réussite donc mais qu’importe, la France termine à la première place de son groupe, ce qui était bien l’objectif. Un objectif rempli sur le papier, mais qui ne saurait dissimuler les carences entraperçues dans le jeu tricolore depuis le début de l’Euro. Une confrontation face à un cador de la compétition pourrait coûter cher si les Bleus ne hissaient pas leur niveau de jeu. Heureusement, ce ne devrait pas être le cas en huitièmes.