France – Albanie : le debrief de Steph

Les Bleus jouent définitivement avec nos nerfs !

Après avoir attendu la libération face aux Roumains jusqu’au coup de génie de Payet, nous voici à exulter enfin, au terme d’un âpre duel, sur une tête de Griezmann après un centre bien ajusté de Rami… presque aussi improbable que la frappe du gauche du Réunionnais en pleine lucarne il y a quelques jours.

Mais ne boudons pas notre plaisir car personne n’aurait pu crier au scandale si la rencontre s’était terminée sur un partage de points. Les Albanais ont en effet été aussi vaillants que les Français approximatifs. Le pari de coach Deschamps était intéressant, remplacer le flamboyant Payet dans l’axe pour distiller des bons ballons sur deux fougueux et tonitruants ailiers : Coman et Martial. Cela permettait aussi de piquer l’orgueil des deux stars de l’équipe, Pogba et Griezmann, en les asseyant sur le banc pour leur faire comprendre que leurs statuts ne les exempterait pas des rotations en cas de prestations bien ternes, comme ce fut le cas en Roumanie. Mais la mayonnaise n’a pas pris.

Si Coman a montré de bonnes choses, Martial a eu beaucoup trop de déchets dans son jeu et s’est montré peu inspiré à la 21e minute quand il peina à enchainer sur un bon service de Payet. Ce dernier paraissait lui aussi moins à son aise dans ce schéma, jouant trop souvent latéralement, lui qu’on aime tant voir dans la percussion !

Une première mi-temps globalement insipide, à oublier.

Dès l’entame de la seconde période, Deschamps remplaça Martial par Pogba qui vint se glisser dans l’axe à la place de Payet qui retrouva son côté gauche. Les Bleus recouvrèrent alors un certain allant mais ni Coman à la 46e, de la tête, ni Pogba à la 54e, sur une reprise de volée, ne parvinrent à attraper le cadre. Entre-temps, les Albanais rappelaient qu’ils ne faisaient pas que de la figuration en heurtant le poteau de Lloris sur un centre de Hysaj détourné par Sagna.

Giroud fit ensuite frémir le Vélodrome sur deux têtes à la 67e et à la 69e, trouvant lui aussi un des montants du portier albanais. On se dirigeait tout droit vers un score nul et vierge quand la tête décroisée de « Grizou », joker de luxe d’un soir, entré en seconde période, délivrait les Bleus d’un match compliqué.

L’Equipe de France offrira même un deuxième but à son public, tout juste embrasé, sur un bel enchainement de son homme providentiel du moment : Dimitri Payet.

L’objectif a certes été atteint avec la qualification pour les huitièmes de finale mais de nouvelles interrogations sont venues s’ajouter aux précédents doutes : comment Martial va-t-il digérer sa sortie après sa mi-temps de mauvaise facture ? Pogba, méconnaissable, évolue-t-il dans sa position préférentielle ? Peut-on imaginer une ligne d’attaque composée de Payet, Griezmann et Coman, au détriment de Giroud ? Premières réponses dans quelques jours face à la Suisse…