Debrief des huitièmes de finales

Un ciseau venu d’ailleurs, l’équipe pratiquant le plus beau football du tournoi qui sort, un festival belge, une Italie sans star qui fait tomber les double-tenants du titre, la France qui tremble et une équipe d’un pays qui compte moins d’habitants qu’il n’y a de niçois mais qui sort victorieux d’un duel face aux plus grandes stars de Premier League ; voici pêle-mêle de quoi l’on a pu se délecter, entre autres, au cours de ces huitièmes de finales haut en couleur !

Tout avait pourtant commencé par une journée presque morose en termes de jeu et de spectacle, qui l’aurait été définitivement si le petit ailier suisse, Xherdan Shaqiri, n’avait pas défié les lois de la physique pour réaliser une reprise de volée acrobatique venant heurter le poteau avant de finir dans les filets polonais. Pas de quoi offrir pour autant aux Helvètes le billet pour les quarts de finale, puisqu’au terme d’un match dominé par ces derniers, Granit Xhaka, la nouvelle recrue d’Arsenal, manquait son tir au but et offrait à la Pologne la première qualification de son histoire à ce stade de la compétition.

Plus tard dans la journée, les magiciens du Real Madrid, Cristiano Ronaldo et Luka Modric, se retrouvaient pour ce qui devait être un duel au sommet mais qui accoucha d’un match ennuyeux, cadenassé, qui échappa à une séance de tirs au but grâce à Ricardo Quaresma dans les tout derniers instants.

On se demanda encore le lendemain si le spectacle allait finir par être au rendez-vous de cette phase finale quand les Gallois sont venus à bout des Nord-Irlandais après qu’un défenseur de ces derniers eut dévié un centre de Gareth Bale ; on aurait préféré que celui-ci nous gratifie d’un énième coup-franc. Il a donc fallu s’en remettre aux Belges pour voir du beau football face à une formation hongroise qui a joué le jeu, elle qui avait tant fait plaisir à voir durant les poules. L’addition fut malheureusement pour eux salée, Eden Hazard ayant fini par se rappeler qu’il pouvait être un grand joueur quand il le voulait, il contribua largement avec un but et une passe décisive au succès des siens sur le score de 4 à 0.

Peut-être inspirés pour leurs homologues Belges, les Allemands ont décidé de passer la seconde dans cet Euro et ont eux aussi roulé sur leur adversaire du jour, la Slovaquie, avec un score sans appel de 3 à 0. Les teutons ont d’ailleurs affiché une sérénité et une facilité déconcertante, de quoi se voir octroyer à nouveau le statut de favori de la compétition que semblait lui avoir emprunté l’Espagne.

Si les Espagnols ne l’ont définitivement plus, c’est parce que la surprenante équipe d’Italie, dont Paolo Conte semble savoir tirer la quintessence, leur ont joué un mauvais tour en les sortant dès les huitièmes. Les ibériques ont complètement déjoué face aux Italiens superbement organisés qui ne se sont absolument pas contentés de défendre et qui ont offert à leurs supporters une très belle victoire 2 à 0.

Les Français nous ont quant à eux fait peur, au moins le temps d’une mi-temps, après que les Irlandais aient ouvert le score sur penalty dès la deuxième minute. Les quarante-cinq premières minutes des Bleus furent des plus laborieuses avant que la réorganisation opérée par Didier Deschamps et la rentrée de Kingsley Coman ne viennent bouleverser le visage et le destin de la rencontre. Deux buts de Griezzman plus tard, la France filait en quart.

Enfin, cerise sur le gâteau de ce premier tour de la phase finale, l’exploit de l’Islande face à l’Angleterre. Ces héros venus du Nord sont parvenus à l’emporter après avoir été menés par les Anglais, en réussissant un match qui nous fit oublier qui était la grande nation du foot et qui était l’île glaciale de 300 000 d’habitants.

On a hâte de voir la suite ! Rendez-vous dès demain 21h à Marseille pour Pologne/Portugal.